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Peintre : Jani Uncategorized

Le sens de la fête

Mais Jani est une femme organisée. Si elle accomplit aujourd’hui les mille besognes ingrates qui incombent à toutes les maîtresses de maison, elle consacre chaque jour sept ou huit heures à sa peinture.

Le soir, elle retrouve son mari, son fils, ses chats et ses amis. Et c’est la fête. Une fête quelle réinvente quotidiennement. Pour eux et avec eux, elle retrouve les beaux flamencos quelle scande de sa voix rauque en s’accompagnant à la guitare. A tous, elle offre ses rires, ses yeux malicieux et son visage de nomade à moitié caché par la longue coulée noire de ses cheveux. Elle improvise alors des soirées loufoques, pleines de chants, d’échanges humains, de chaleur.
C’est ainsi que Jani lutte chaque jour, à sa manière, contre la médiocrité, contre ses prisons, contre J’engourdissement de la personne et de la pensée, afin de s’extirper de la pesanteur matérielle, d’éviter que les choses ne meurent. Se réanimer et réanimer peut-être dans le même temps ceux qui l’entourent.
Obsédée par l’extraordinaire aventure du couple, avec ce que ce mot implique d’équilibre, d’échanges, d’atelier de mandala à Namur, d’aide mutuelle, de vigilance discrète, elle n’en demeure pas moins consciente de la difficulté d’aimer.

La pauvreté ou la vraie richesse

Assise à croupetons sur un tapis de laine, près de la cheminée qui descend du ciel et s’ouvre sur un feu de bois, Jani nourrit ses rêves… Trente-trois tours de musique typique, imprégnée d’une poésie que traduit admirablement l’Argentin Atahualpa Yupankui sur sa guitare ou Villayat Khan sur sa cithare indienne. A ces rythmes font écho les tapisseries bariolées rapportées d’un récent voyage en Inde et qui courent autour des murs, tandis que les flamencos vibrent à travers le grand miroir d’ébène incrusté de nacre.
Dans ce décor feutré, où laine et fourrure créent une ambiance douillette, Jani rêve de voyages… De l’Espagne qui la fit rouler, voici quatre ans, sur des routes cahoteuses, traînant avec elle son mari, son bambin et ses deux chats, pour découvrir à Madrid des danseuses de flamenco quelle peignit, nuit et jour, à coups de brosse sur sa toile vierge. Puis l’Inde, ce fabuleux pays où le merveilleux côtoie le sordide, où les contrastes se prolongent jusque dans les paysages et dans leurs couleurs, où les valeurs sont autres. De ses contacts avec les gens de la rue, avec les pèlerins, elle parle avec émotion. Mais elle revit plus intensément encore sa longue marche vers l’Himalaya, faite dans des conditions pénibles, pour rencontrer le dalaï-lama. Celui-ci la confirma alors dans la voie quelle s’était tracée: la porte étroite, celle qui ouvre le chemin de la liberté. Ne rien avoir pour n’être point prisonnier, n’est-ce pas la plus parfaite expression de l’homme libre, la plus grande des richesses?

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